Mort de Tetsuya Chiba créateur du manga Ashita no Joe à 87 ans
Mort de Tetsuya Chiba créateur du manga Ashita no Joe à 87 ans

Mort de Tetsuya Chiba créateur du manga Ashita no Joe à 87 ans

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Tetsuya Chiba, le mangaka d’Ashita no Joe, est mort le 22 octobre 2026 dans un hôpital de Tokyo. Il avait 87 ans. L’éditeur Shogakukan a annoncé son décès ce mardi 27 octobre, après des obsèques organisées dans la stricte intimité. Son épouse Yukiko conduisait le deuil. Le dessinateur a publié pendant 70 ans et reste au Japon l’un des auteurs qui ont fait du manga de sport un genre majeur.

Son nom reste attaché à Joe Yabuki, le jeune boxeur des bas quartiers de Tokyo qu’il a dessiné de 1968 à 1973. On lui doit aussi Ore wa Teppei, Notari Matsutarō ou Ashita Tenki ni Naare. En 2024, il était devenu le premier mangaka à recevoir l’Ordre de la Culture, la plus haute distinction culturelle japonaise.

Tetsuya Chiba, une enfance en Mandchourie et des débuts dans le manga

Né le 11 janvier 1939 à Tokyo, Tetsuya Chiba passe l’essentiel de son enfance à Shenyang, dans le nord-est de la Chine alors occupé par le Japon. La famille rentre au Japon après la guerre. Il parlera souvent de cette période et s’engagera publiquement pour la paix.

Il débute en 1956, à 17 ans, avec un volume destiné aux librairies de prêt, très populaires à l’époque. Il dessine d’abord pour les magazines pour filles, avec Mama no Violin en 1958, avant de passer au shōnen en 1961 avec Chikai no Makyū, un manga de baseball. Dans les années 60, il enchaîne les séries, dont Harris no Kaze. Son frère cadet Akio Chiba, auteur de Captain, suivra la même voie.

Ashita no Joe, le manga de boxe culte de Tetsuya Chiba

En 1968, Tetsuya Chiba s’associe au scénariste Asao Takamori, plus connu sous le nom d’Ikki Kajiwara, pour lancer Ashita no Joe dans le Weekly Shōnen Magazine de Kodansha. Joe Yabuki, orphelin bagarreur, est repéré par Danpei, un ancien boxeur alcoolique, qui va faire de lui un champion. La série dure jusqu’en 1973 et dépasse les 20 millions d’exemplaires vendus.

Ashita no Joe devient un phénomène de société. En 1970, la mort de Tōru Rikiishi, le grand rival de Joe, provoque une telle émotion que des lecteurs organisent de véritables funérailles à l’initiative du poète Shūji Terayama. La même année, les pirates de l’air du vol Yodogo, membres de l’Armée rouge japonaise, se revendiquent eux aussi de Joe. La dernière case, où Joe reste assis dans son coin, immobile et souriant après son combat contre José Mendoza, est encore citée comme l’une des fins les plus connues du manga.

Les adaptations animées d’Ashita no Joe, de Dezaki à Megalo Box

Dès 1970, Mushi Production adapte la série en anime sous la direction d’Osamu Dezaki. Les 79 épisodes sont diffusés sur Fuji TV jusqu’en 1971. Le même réalisateur revient en 1980 avec Ashita no Joe 2 chez TMS, qui reprend l’histoire à partir du neuvième volume. Deux films de montage sortent aussi en salles en 1980 et 1981. Côté live action, un premier film voit le jour en 1970, puis un second en 2011 avec Tomohisa Yamashita dans le rôle de Joe.

En 2018, pour les 50 ans du manga, Megalo Box transpose l’univers d’Ashita no Joe dans un futur où les boxeurs combattent équipés de prothèses mécaniques. Le manga original connaît aussi une nouvelle vie en anglais : Kodansha USA en a lancé fin 2024 une édition en grand format, nommée aux Eisner Awards en 2025.

Ore wa Teppei et les autres séries de Tetsuya Chiba

Après Ashita no Joe, Tetsuya Chiba change de registre avec Ore wa Teppei, l’histoire d’un gamin des montagnes turbulent qui se découvre une passion pour le kendo. La série lui vaut le prix Kodansha et une adaptation en anime en 1977. Il signe ensuite Notari Matsutarō, une longue saga sur le sumo, puis Ashita Tenki ni Naare, consacrée au golf.

Kodansha a créé en 1980 le prix Tetsuya Chiba, destiné aux nouveaux talents du manga seinen, dont il présidait lui-même le jury final. Ce prix a notamment révélé Nobuyuki Fukumoto, l’auteur de Kaiji. À partir de 2012, il a présidé l’Association des mangakas du Japon. Il avait reçu la médaille au ruban pourpre en 2002 puis l’Ordre du Soleil levant en 2012.