Accueil Geek Microduck : le petit robot à 399 $ de Hugging Face qui apprend à marcher zast Pollen Robotics, la société française de robotique basée à Bordeaux et désormais intégrée à Hugging Face, vient de dévoiler Microduck, un petit robot bipède de 25 cm pensé pour expérimenter avec le reinforcement learning et l’IA physique. Son logiciel est open source, il peut apprendre de nouveaux mouvements en simulation et il est proposé en précommande à partir de 399 dollars, hors taxes et frais de livraison. Les premières unités doivent être expédiées avant Noël 2026 en Amérique du Nord, en Europe et au Royaume-Uni. Microduck, le robot bipède qui succède à Reachy Mini Microduck arrive un an après Reachy Mini, le petit robot de bureau de Pollen Robotics dont plus de 10 000 exemplaires ont déjà trouvé preneur. Mais les deux machines ne jouent pas vraiment dans la même catégorie. Reachy Mini a été conçu autour de l’interaction avec l’utilisateur. Il voit, écoute, parle et utilise les mouvements de sa tête et de son corps pour communiquer. Microduck s’intéresse au problème inverse : faire bouger une intelligence artificielle dans le monde réel. Comment apprendre à un robot à marcher ? Comment lui faire conserver son équilibre, attraper un objet, tomber sans conséquence puis se remettre debout ? Et surtout, comment entraîner ces mouvements en simulation avant de les transférer sur une vraie machine ? Pollen Robotics résume plutôt bien la différence : Reachy Mini est une plateforme pour l’IA qui interagit, Microduck une plateforme pour l’IA qui agit. Microduck : 15 moteurs, caméra, LiDAR et bec articulé Malgré son look de petit canard mécanique, Microduck cache pas mal de matériel dans ses 25 cm. Le robot possède 15 moteurs répartis entre les jambes, la tête et le cou. Il mesure environ 14 cm de large et pèse moins de 800 grammes. Pour observer son environnement, il dispose d’une caméra frontale, d’un petit LiDAR utilisant une matrice Time-of-Flight 8 x 8 et de deux IMU, l’une installée dans le corps et l’autre dans la tête. Son bec est lui aussi articulé. Il ne sert donc pas uniquement à lui donner une bouille de canard : Microduck peut l’utiliser comme une petite pince pour ramasser et transporter des objets. À l’intérieur, Pollen Robotics a choisi un Rockchip RK3566 accompagné d’un accélérateur IA, de 1 Go de RAM et de 32 Go de stockage. On trouve également du Wi-Fi, du Bluetooth, des microphones, un haut-parleur et deux antennes NFC. L’alimentation repose sur une batterie amovible NP-F550 de 2 600 mAh. Pollen annonce environ une heure d’autonomie, avec forcément des variations selon ce que l’on demande au robot. Sept comportements sont disponibles dès le départ Microduck n’arrive pas sous la forme d’un kit qu’il faut passer tout le week-end à configurer avant de pouvoir s’amuser avec. Sept mouvements entraînés sont disponibles dès le départ. Il peut notamment marcher, s’asseoir, s’accroupir, donner un coup de patte, attraper un objet avec son bec ou encore se relever après certaines chutes. Et parce qu’un canard robotisé qui marche normalement n’était visiblement pas suffisant, Pollen Robotics lui a également appris à faire du roller avec les accessoires adaptés. Le fait qu’il puisse se relever seul est beaucoup plus important qu’il n’y paraît. Lorsqu’on entraîne un robot à effectuer de nouveaux mouvements, les échecs font partie du processus. Avec Microduck, il n’est pas nécessaire d’aller remettre la machine sur ses pattes après chaque tentative ratée. Reinforcement learning et sim2real au cœur de Microduck C’est probablement là que Microduck devient le plus intéressant pour les développeurs et les bidouilleurs. Chaque comportement peut prendre la forme d’une policy entraînée dans un environnement physique simulé avec MuJoCo. L’entraînement peut être effectué sur sa propre machine ou en passant par Hugging Face Jobs. Une fois le comportement satisfaisant dans le simulateur, la policy peut être transférée vers le véritable Microduck. Le principe est donc assez simple à comprendre : on entraîne le robot virtuel, on envoie le comportement sur le robot physique, on regarde ce qui fonctionne ou non, puis on ajuste la simulation avant de recommencer. C’est le fameux principe du sim2real, le passage de la simulation au monde réel. Pollen Robotics propose d’ailleurs un simulateur accessible en ligne permettant de manipuler le jumeau virtuel utilisé pour entraîner les comportements du robot. Un logiciel entièrement ouvert pour créer ses propres mouvements Autre élément important du projet : toute la partie logicielle est open source. Le SDK, l’environnement de simulation et les outils nécessaires au reinforcement learning et au sim2real sont disponibles sur GitHub sous licence Apache 2.0. Les comportements livrés avec Microduck peuvent eux aussi être étudiés et réentraînés. Attention toutefois à une nuance importante : Microduck n’est pas un robot open source au sens matériel du terme. Pollen Robotics précise que les fichiers de conception mécanique et électronique ne sont pas publiés en open source. C’est donc bien toute la pile logicielle qui est ouverte, pas le hardware complet. L’idée reste particulièrement intéressante : partir d’un comportement existant, le modifier, entraîner une nouvelle version et éventuellement partager sa policy avec les autres utilisateurs. Pourquoi avoir créé un robot aussi petit ? Le format de Microduck n’est pas uniquement là pour le rendre mignon. Apprendre à un robot à se déplacer implique énormément d’essais et, forcément, énormément de ratés. Avec un humanoïde de plusieurs dizaines de kilos, chaque chute peut abîmer du matériel, demander une intervention humaine ou devenir dangereuse hors d’un laboratoire. Avec une machine de moins de 800 grammes, le problème change complètement. Un mauvais mouvement se termine généralement avec un petit robot couché sur le sol. Sa capacité à se relever permet ensuite de reprendre les essais pratiquement immédiatement. Cela rend les expérimentations beaucoup plus accessibles, que ce soit sur un bureau, dans une salle de classe, un fablab ou simplement à la maison. Et accessoirement, cela contribue aussi à faire baisser sérieusement le prix d’entrée par rapport aux plateformes robotiques généralement utilisées pour expérimenter avec la locomotion. Chaque Microduck possède sa propre « voix » Pollen Robotics a également travaillé le côté créature de son petit robot. Contrairement à Reachy Mini, Microduck ne cherche pas à discuter avec son propriétaire. Il produit plutôt une série de petits sons destinés à accompagner ses mouvements et ses réactions. Plus amusant encore, chaque exemplaire reçoit une identité sonore lors de son premier démarrage. Cette voix est associée au robot et reste ensuite la même pendant toute sa vie. Entre sa démarche de canard, son bec, ses mouvements de tête et ces petits bruits, Pollen assume clairement le côté compagnon mécanique plutôt que celui d’un simple kit de développement sur pattes.Voir aussizastGeek 6 juin 2026ZastTranslate 1.06 : traduire et doubler ses vidéos en local Plusieurs Microduck peuvent aussi jouer ensemble Les développeurs de Pollen Robotics expliquent avoir découvert pendant leurs essais que Microduck devenait nettement plus amusant lorsque plusieurs robots étaient réunis. Courses, parties de football improvisées ou machines réagissant les unes aux autres : le format permet facilement de créer des expériences avec plusieurs robots. Au-delà du côté ludique, cela offre également une plateforme relativement abordable pour expérimenter des comportements multi-robots, un domaine qui demande habituellement beaucoup plus de matériel et d’espace. Prix du Microduck, couleurs et accessoires Microduck est proposé au lancement à 399 dollars hors taxes et frais de livraison. La boîte contient le robot, une batterie, un câble USB-C ainsi qu’une manette permettant de commencer à jouer sans écrire immédiatement une ligne de code. Quatre couleurs sont proposées : Cream, Graphite, Lavender et Sky. L’électronique reste identique, seules les coques et leurs couleurs changent. Trois packs supplémentaires sont également disponibles. Le Charger Pack coûte 39 dollars et comprend un chargeur double accompagné de deux batteries. Le Dev Pack est proposé à 119 dollars. Il ajoute notamment trois moteurs de remplacement, cinq câbles moteur, deux batteries, un chargeur double, dix tags NFC, du crédit Hugging Face, un tournevis et de la visserie. Enfin, l’Accessory Pack à 39 dollars contient un pointeur laser, un Polaroid NFC, deux rollers, une balle ainsi que dix tags NFC. Les précommandes de Microduck sont ouvertes depuis le 27 août 2026. Pollen Robotics vise les premières livraisons avant Noël. Un terrain de jeu à 399 dollars pour l’IA physique Microduck ne cherche évidemment pas à rivaliser avec les grands humanoïdes que l’on voit régulièrement passer dans les démonstrations de robotique. Et c’est justement ce qui le rend intéressant. Pour 399 dollars, Pollen Robotics propose une petite plateforme capable de marcher, tomber, se relever, manipuler des objets et surtout recevoir de nouveaux comportements entraînés en simulation. On retrouve finalement une philosophie assez proche de celle qui a fait le succès des cartes de développement : mettre du matériel suffisamment accessible entre les mains des développeurs, étudiants et bidouilleurs pour leur donner envie d’expérimenter. Reste maintenant à voir jusqu’où la communauté arrivera à pousser ce petit canard mécanique. Entre les nouvelles démarches, les comportements complètement improbables et les expériences avec plusieurs Microduck, il y a largement de quoi s’amuser. Chez Paradoxetemporel, on risque d’en prendre un pour le tester car contrairement au Reachy Mini, Le Microduck est déjà monté (c’est ce qui nous avait rebuté avec le Reachy). Microduck en vidéo Page officielle Microduck https://pollen-robotics.com/microduck/