Rencontre avec... Nurthor le Noir
Rencontre avec... Nurthor le Noir

Rencontre avec… Nurthor le Noir

Lors de la 40eme edition du Festival Ludique International de Parthenay (FLIP), l’équipe de PlatÔland/ParadoxeTemporel a eu l’occasion de rencontrer Nurthor le Noir, bien connu dans le monde du jeud e role. Il s’est confié à nous pour nous parler de son jeu Sapa Inca et de la société Odonata.

Rencontre avec... Nurthor le Noir

PlatÔland : Bonjour Juan, peux-tu te présenter et présenter Odonata ?

Juan Lagrange : Bonjour. Je suis Juan Lagrange, mon pseudo c’est Nurthor le Noir sur les réseaux sociaux, et je suis un des associés d’Odonata Éditions, une société qui édite des jeux de rôle.

PlatÔland : Odonata existe depuis combien de temps ?

Juan Lagrange : On vient de fêter nos 10 ans. La société a été créée par Florent Moragas pour son propre jeu, Insectopia, qui fête lui aussi ses 10 ans.

PlatÔland : Au catalogue, vous proposez quels jeux ?

Juan Lagrange : Aujourd’hui, on a quatre jeux de rôle principaux dont 3 de création 100% française. Il y a d’abord Insectopia, un JdR médiéval-fantastique entre insectes évolués, qui est une gamme assez complète avec six gros suppléments et un nouvel écran anniversaire en cours de financement. Ensuite, vient Oméga, un JdR de SF qui prend à contre-pied le cyberpunk car on joue un robot qui s’humanise, avec un livre de base, un écran et deux suppléments de scénarios. Le troisième titre est Sapa Inca, qui connaît aussi un très beau développement, avec une bonne base de fans, et une campagne en cours d’impression qui va compléter ce qui a déjà paru. Elle devrait arriver à l’automne. Enfin, on a UVG (Ultraviolet Grasslands), qui est une traduction, un livre-campagne dans lequel on fait un road trip psychédélique. Et puis on prépare aussi Notre Ombre, avec un kit de découverte déjà disponible, en vue d’un financement à l’automne, Les Enfants d’Enorya et Résilience.

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PlatÔland : Tous vos jeux ont des univers très différents ?

Juan Lagrange : Oui, complètement. À chaque fois, ce sont des gammes à part entière, avec leur thématique, leur univers, et souvent leur propre système de jeu ou leur mécanique spécifique.

PlatÔland : Tu es à l’origine de Sapa Inca ?

Juan Lagrange : Je suis un des co-auteurs de Sapa Inca. J’ai été appelé par Flo, et c’est comme ça que je suis entré plus tard comme associé. Au départ, mes premiers contacts avec lui, d’un point de vue professionnel, ont été pour venir renforcer l’équipe sur ce projet. Un des auteurs principaux avait fait un burn-out professionnel, et j’ai contribué avec Eric Dubourg, qui était un peu à l’origine du projet et Pascal Broxolle.

PlatÔland : Pourquoi ce choix de Sapa Inca ? Est-ce que tu es particulièrement passionné par cette culture ?

Juan Lagrange : Oui, en quelque sorte. C’est à double titre que ce projet m’a tout de suite plu. Je suis né à Buenos Aires, donc j’ai une culture latino-américaine, et je connaissais déjà une partie des légendes et un peu de l’histoire des Incas par ma culture familiale. J’ai aussi beaucoup aimé cette civilisation, notamment en la découvrant à travers Les Mystérieuses Cités d’Or. Et j’ai eu la chance d’aller deux fois au Machu Picchu, avec comme guide des locaux péruviens dont le directeur du ministère de l’équipement (Vialidad). Donc, oui, je connais bien cette civilisation, et on s’est énormément renseigné pour écrire le jeu. Sapa Inca a été relu par  Loann Berens, Maître de conférence, de l’Université de Caen Normandie, département études ibériques et ibéro-américaines, qui a été surpris de la qualité « historique » de notre JdR.

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PlatÔland : Le jeu s’appuie beaucoup sur les légendes ?

Juan Lagrange : Oui, c’est une uchronie qui se veut très historique. Pour nos scénarios, on s’est inspirés de faits historiques quand c’était possible, mais aussi de légendes orales que nous avons récupérées avec Eric, puis retravaillées pour les rendre jouables et pour proposer des missions (aventures) ludiques intéressantes.

PlatÔland : Qu’est-ce que Sapa Inca apporte de différent par rapport à d’autres jeux de rôle ?

Juan Lagrange : Il y a un double intérêt. D’abord, on découvre une civilisation complète, donc il y a un vrai dépaysement en sortant des univers occidentaux classiques, comme le médiéval fantastique à la D&D. Par ailleurs, l’état d’esprit et la philosophie Inca sont complètement différents. En plus, il y a une géographie très particulière, celle de la cordillère des Andes. Donc il y a à la fois le plaisir de sortir de notre vision très européenne du monde et celui de découvrir une civilisation très éloignée de la nôtre.

PlatÔland : Dans cette uchronie, les conquistadors ne sont pas allés au bout de leur conquête ?

Juan Lagrange : Exactement. En fait, la conquête espagnole ne s’est pas déroulée comme prévue. Les Espagnols sont bien venus, mais ils ont été stoppés parce que les dieux incas ont répondu présents. On incarne un Amachaq, un soldat d’élite, une sorte d’agent spécial de l’empereur Inca, doté de pouvoirs divins et animistes, capables de lutter contre l’acier de Tolède et la poudre des Espagnols, mais qui aident aussi à rechercher d’ancienne reliques dans des cités perdues, mater des rébellions, ou encore lever ou réveiller de vieilles malédictions, etc…

PlatÔland : Peut-on aussi incarner des Espagnols ?

Juan Lagrange : Oui, c’est possible. Mais c’est plus difficile à jouer, donc il faut des joueurs qui connaissent bien la culture Inca. On peut imaginer des Espagnols dont les dieux chrétiens ne répondent pas en Amérique du Sud, qui se sont déçus par la politique et les campagnes menées par les Espagnols. Ils sont même touchés par les dieux Inca et peuvent se tourner vers eux, puis être recrutés comme Amachaq. Mais c’est plus complexe, et je le déconseille pour les premières parties. Il vaut mieux d’abord bien s’immerger dans la civilisation Inca avant d’aller vers ce type personnage joueur avec un schisme pas évident à jouer.

PlatÔland : Tu travailles aussi sur d’autres jeux de rôle chez Odonata ?

Juan Lagrange : Oui. Je supervise un peu la collection Terre d’Uchronie, dont Sapa Inca n’est que le premier volet. Et je suis aussi « chef de projet » sur d’autres futurs titres d’Odonata, comme Les Enfants de Nenya, qui devrait sortir en souscription fin 2026 ou au premier semestre 2027. C’est une autre proposition pour faire jouer aussi bien des enfants que des adultes qui ne sont pas rôlistes à la base dans un univers fantasy-manga original et onirique.

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PlatÔland : C’était la première fois qu’Odonata venait au FLIP. Comment s’est passée cette expérience ?

Juan Lagrange : C’était une grande première pour nous. On n’était jamais venus jusqu’à maintenant. On a eu dans l’équipe quelqu’un, Guitou, qui a déjà plusieurs années de FLIP derrière lui et qui nous a vraiment poussés à venir. Et franchement, on n’est pas déçus de cette première édition. C’est un événement particulier, assez long (douze jours), donc il faut tenir. Mais les horaires sont amples, on a pu faire beaucoup de parties. Au total, on a comptabilisé 35 parties et plus de 150 joueurs. C’est une très belle prouesse.

PlatÔland : On te reverra l’année prochaine ?

Juan Lagrange : Il y a des chances. Odonata, lui, sera là. Pour ma présence personnelle, je ne sais pas encore, on n’en a pas tous parlé. Mais si je peux, j’aimerais bien revenir faire un tour, c’est sûr. 

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